Posté11 septembre 2026 dansENTRETENIR SA PISCINEparCash Piscines

Ce n’est pas l’eau du bassin qui casse quelque chose en hiver. C’est l’eau enfermée.
Un bassin gelé en surface ne risque presque rien : la glace pousse vers le haut, là où il y a de la place. En revanche, les quelques litres coincés dans un corps de pompe, dans un échangeur de pompe à chaleur ou dans un coude de canalisation n’ont nulle part où aller. L’eau gagne environ 9 % de volume en gelant, et ce sont ces 9 % qui éclatent un tuyau PVC ou fissurent un skimmer.
Tout l’hivernage passif tient dans ce principe : repérer chaque volume d’eau confiné et le supprimer, ou lui donner de la place. Voici le tour complet, équipement par équipement.

L’hivernage passif consiste à arrêter totalement la filtration pendant l’hiver, après avoir vidangé les circuits et protégé les équipements du gel. Il s’oppose à l’hivernage actif, où la filtration continue de tourner quelques heures par jour.
Le critère de choix est le climat, pas le type de bassin : on hiverne en passif là où le gel s’installe durablement, en actif là où il reste occasionnel. Le calendrier complet des opérations et le choix du produit sont détaillés dans notre calendrier d’hivernage – cette page-ci se concentre sur la protection mécanique du matériel.
C’est là que ça casse le plus souvent, et c’est logique : le skimmer est le seul volume d’eau confiné qui reste plein et directement exposé à l’air froid.
Le geste : retirez le panier, puis installez un gizzmo – un cylindre creux qui se visse dans le filetage du skimmer. Il ne bouche pas le skimmer, il fait l’inverse : il se comprime et absorbe la pression de la glace qui se forme autour de lui. C’est une pièce sacrificielle, à quelques euros, qui protège un skimmer scellé dans le béton.
Ce qui arrive si on l’oublie : le corps du skimmer se fissure. Réparation lourde, parfois avec dépose de margelle.
Même logique, canalisations vides. Une fois le circuit purgé, obturez chaque ouverture avec un bouchon d’hivernage pour que l’eau du bassin ne revienne pas remplir le tuyau.
Celui qu’on oublie systématiquement : la prise balai. Elle est discrète, souvent sous la ligne d’eau, et son tuyau descend en pente.
Pensez aussi au régulateur de niveau automatique s’il y en a un : arrivée d’eau coupée, circuit purgé.
Deux méthodes, et elles ne se valent pas.
La vidange par gravité consiste à ouvrir les bouchons de purge et à laisser l’eau s’écouler. C’est suffisant dans la plupart des régions. Sa limite : les contre-pentes. Une canalisation n’est jamais parfaitement en pente régulière, et il reste presque toujours des poches d’eau dans les points bas.
Le soufflage à l’air comprimé chasse ces poches. On insuffle de l’air dans le circuit jusqu’à ce qu’il ne sorte plus que de l’air aux buses, puis on bouche. C’est la méthode à privilégier en zone de gel sévère ou prolongé – montagne, Est de la France, résidence secondaire fermée jusqu’en avril. Un compresseur suffit, à pression modérée : inutile de forcer, on chasse de l’eau, on ne teste pas une résistance.
Ce qui arrive si on l’oublie : l’éclatement se produit rarement le jour du gel. Il se découvre au redémarrage de printemps, quand la pression revient et que la fuite apparaît – souvent sous une dalle ou une terrasse.
Trois gestes, tous les trois nécessaires :
Si votre pompe se démonte facilement, la stocker dans un local hors gel est encore mieux. Beaucoup de propriétaires le font pour les pompes de piscines hors-sol.
Filtre à sable : contre-lavage, puis vidange complète de la cuve par le bouchon prévu, bouchon laissé ouvert. Et un détail que presque personne n’applique : placez la vanne multivoies entre deux positions, pas sur une position franche. Le joint étoile interne reste ainsi décomprimé et durera plusieurs saisons de plus.
Filtre à cartouche : cartouche sortie, rincée, séchée, stockée à l’abri. Cuve vidangée et laissée ouverte.
Filtre à diatomées : vidange et rinçage complets, la poudre ne se conserve pas d’une saison à l’autre.
C’est la casse hivernale la plus coûteuse, et la plus fréquente parce qu’on l’oublie.
Le geste : vidangez l’échangeur – bouchons de vidange retirés, laissés ouverts – isolez l’appareil du circuit et coupez l’alimentation électrique. Si vous posez une housse de protection, choisissez-en une ventilée : une bâche plastique hermétique piège l’humidité et fait rouiller la carrosserie et la carte électronique.
Ce qui arrive si on l’oublie : l’échangeur titane fend. Sur beaucoup de modèles, la réparation coûte l’équivalent d’un appareil neuf.
Même logique pour un réchauffeur électrique : vidange du corps de chauffe, alimentation coupée.
La cellule d’électrolyse se démonte, se rince à l’eau claire et se stocke au sec. Elle ne doit surtout pas rester dans un circuit contenant un produit d’hivernage concentré.
Les sondes pH et Redox se retirent, mais elles ne se rangent pas au sec : leur verre doit rester humide, capuchon rempli de solution de conservation. Une sonde séchée est une sonde à racheter.
Les pompes doseuses : rincez les tuyaux à l’eau claire en faisant tourner la pompe quelques minutes, puis sortez les crépines des bidons. Un tuyau laissé plein de pH moins cristallise et se bouche.
Contre-intuitif : laissez-les en place et immergés. Un projecteur sous l’eau est mieux protégé qu’à l’air libre, et son joint reste hydraté.
La seule situation où on les démonte, c’est quand le niveau d’eau descend en dessous de leur hublot. Auquel cas on les sort et on les stocke au sec – sinon le joint sèche et vous aurez une infiltration au printemps.
Réponse courte : environ 10 cm sous les skimmers et buses de refoulement. Ni plus, ni moins.
Pourquoi pas plus bas ? Parce qu’une piscine n’est pas faite pour être vide. Un liner qui n’est plus plaqué par la pression de l’eau se rétracte, forme des plis et durcit au froid – les plis ne repartent jamais complètement. Une coque polyester ou un bassin béton peuvent se soulever ou se fissurer si la nappe phréatique remonte pendant l’hiver, ce qui arrive précisément à la saison des pluies.
Pourquoi pas plus haut ? Parce que l’eau reviendrait dans les canalisations que vous venez de vidanger.
Et pourquoi surtout pas complètement vide : c’est le poids de l’eau qui maintient le bassin en place. Une vidange totale ne se fait que pour une rénovation, en connaissance de cause, et généralement pas en hiver.
Un point pratique : après plusieurs semaines de pluie, le niveau remonte tout seul. Si l’eau revient au ras des buses en février, il faut la faire redescendre.
Ils n’empêchent pas l’eau de geler. Ils absorbent la poussée latérale de la glace.
Quand une couche de glace se forme sur toute la surface, elle se dilate et pousse contre les parois – sur un liner, contre les margelles et la structure. Les flotteurs, en se comprimant, encaissent cette poussée à la place du bassin.
La pose : en diagonale, d’un angle à l’autre, immergés à moitié environ. Deux diagonales sur un grand bassin. Ils doivent être libres de bouger, pas coincés sous la bâche tendue.
Gonflez-les aux deux tiers, pas à bloc : c’est leur capacité à se comprimer qui fait tout le travail.
« En passif, on ne rouvre pas la bâche de tout l’hiver. » Faux, et c’est même l’inverse. Un contrôle visuel mensuel de cinq minutes – couleur de l’eau, niveau, état des fixations – permet de rattraper un déséquilibre en une heure au lieu d’une semaine au printemps. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est se baigner ou remettre la filtration en route par temps de gel.
« L’hivernage passif, c’est zéro entretien. » Presque, mais pas tout à fait. C’est cinq minutes par mois contre plusieurs heures par mois en saison – la différence est réelle, mais elle n’est pas nulle.
Quand faut-il lancer l’hivernage passif ?
Quand l’eau descend durablement sous 15 °C. Au dessus de cette température, l’eau est encore biologiquement active ; plus tard, vous prenez le risque du premier gel avec des circuits encore pleins.
L’hivernage passif convient-il à toutes les piscines ?
Il concerne les bassins fixes – béton, coque, acier, bois – situés en zone de gel durable. Une piscine autoportante ou tubulaire se démonte, se sèche et se range. Un bassin en région douce gagne presque toujours à passer en hivernage actif, plus simple à redémarrer.
Peut-on hiverner en passif sans vidanger les canalisations ?
Uniquement si le gel ne descend jamais dans le sol chez vous, ce qui est rare. Les canalisations enterrées sont protégées par la terre, mais celles du local technique et les liaisons apparentes ne le sont pas. Dans le doute, on vidange : ça ne coûte qu’une heure.
Faut-il couper l’électricité du local technique ?
Oui, coupez l’alimentation des équipements une fois les vidanges faites. Laissez en revanche le local ventilé : un local fermé hermétiquement condense, et la corrosion fait autant de dégâts que le gel.
Que faire si un gel intense arrive alors que la piscine n’est pas encore hivernée ?
Ne coupez surtout pas la filtration : l’eau en mouvement gèle beaucoup plus difficilement. Faites tourner la pompe en continu le temps de l’épisode, puis hivernez dès le redoux.
Le meilleur réflexe avant de commencer : prenez une photo de votre local technique et venez avec. En dix minutes, nos conseillers Cash Piscines identifient ce qui doit être vidangé, démonté ou bouché sur votre installation – un local avec pompe à chaleur, électrolyseur et régulation automatique ne s’hiverne pas comme une simple pompe et son filtre.
Repartez avec les bons produits : gizzmos au bon diamètre, bouchons au bon filetage, flotteurs en nombre suffisant. C’est le genre de détail qui, mal dimensionné, fait perdre un après-midi et parfois un skimmer.